Deux mots à vous dire

L’écrivain en manque d’inspiration se met la rate au court-bouillon, de culture, mais quand les mots ne viennent pas glisser sous son encre, il sèche.
En quête de nourriture spirituelle, il dévore les écrits d’autrui qui le mettent en appétit.
Enfin, ivre de connaissance, il lutte tout son soûl contre la page blanche, et c’est un coup dans le nez dont il aura tiré les vers qui lui redonnera le gout de l’épître à l’instar de Baudelaire.
Ces hors-d’œuvre qu’il avalera tout cru puisqu’il ne mâche pas ses mots, quand enfin repu il retrouvera ce qui lui revient : la patte de l’écrivain.

Pour voir la vie en rose il faut avoir la main verte.
Tant pis si sa belle lui en fait voir de toutes les couleurs, quitte à se faire des cheveux blancs, il faut ouvrir son cœur.
Alors à la façon d’un cordon bleu il va lui faire du plat, espérant qu’il n’y ait pas de résistance.
Puis il lui dira les mots que l’on dit avec les yeux, ceux de ce grand monsieur parti vers d’autres cieux. Il lui dira les mots bleus.

Afin de faire pencher la balance je me suis risquée aux gros mots.
Ce n’était pas très fin, désormais je pèse mes mots.
Quelle somme de ces mots peuvent contenir tous ces ouvrages ?
Ils en ont fait des tonnes, ils en ont fait des tomes.
Cependant que le mot « livre » n’est parfois qu’une demi-mesure lorsqu’on y pense, le volume de ses mots cache bien souvent des œuvres lourdes de conséquences.

L’amour épistolaire, très usité naguère, emploie à son apogée le mot « aime » et à son périgée le mot « haine ».
De lettres de noblesses en lettres ou les maux blessent,
il est difficile alors d’aimer sans mot dire.
Nous dirons qu’un amour naissant est plus que parfait, mais qu’à présent déchu il est imparfait.

Les mots qui courent sur le papier n’ont pas toujours bonne presse.
Sa liberté tient-elle à sa plume qui trace les mots qui s’envolent tel le canard parfois plus déchaîné qu’enchaîné ?
C’est un paradoxe : Je lis dans mon journal les nouvelles de la veille qui ne sont donc déjà plus si nouvelles et les actualités pas si actuelles.
A contrario ce que l’on appelle revue n’a encore jamais été lu.
J’ai été vraiment froissée et cela m’a mise en boule, quel renversement de situation ! Il ne m’a pas fait bonne impression.
Mon curieux journal quotidien est écrit dans la langue de Molière,
c’est une feuille de chou qui conte des salades où il n’y a pas un ver.

« Quiconque veut trouver quelques bons mots n’a qu’à dire beaucoup de sottises. » Jean-Jacques Rousseau

12 réflexions au sujet de « Deux mots à vous dire »

  1. ha oui, là, je chanterais plutôt louanges de l’écriture, en effet, que de belles compositions, dites donc ! Cela hume bon et beaucoup le et c’est probablement aussi un fin travail (laborieux), mais c’est rudement joli ! Really! J’aime beaucoup le regard sur les détournement lexicaux (actuel, nouveau, revue, etc.), c’est également un regard de photographe avec ce travail bien particulier sur les éclairages, il y a bien là une pensée poétique de la même veine que celle vue et lue dans les photographies et certainement un charmant Trésor qui sommeille, en veille….

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